Dans les institutions d’enseignement technique supérieur en Afrique centrale, notamment au Gabon, l’accès restreint aux manuels spécialisés et le sous-équipement documentaire entravent la qualité des apprentissages. L’intégration des Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE) offre une opportunité de renouvellement des pratiques pédagogiques, sous réserve d’adapter les dispositifs aux contraintes matérielles locales.
Cet article analyse la conception, la scénarisation et l’expérimentation du dispositif hybride de formation « IN’TCHO «, déployé sur la plateforme « ACOLAD » à l’École Normale Supérieure d’Enseignement Technique (ENSET) de Libreville pour l’enseignement de la métallurgie.
La recherche s’appuie sur une ingénierie pédagogique mixte combinant une enquête préalable des besoins socio-techniques auprès de
acteurs de l’ENSET et une expérimentation pédago-didactique menée auprès de
élèves-professeurs autour d’un module d’apprentissage collaboratif dédié à la caractérisation des défauts de soudure.
Les résultats révèlent que malgré une dépendance critique aux équipements informatiques institutionnels (91,54 % d’accès sur site), la scénarisation axée sur l’autoformation assistée et la réalisation de grilles de synthèse collectives stimule significativement l’engagement des apprenants et la flexibilité temporelle. L’accompagnement tutoral synchrone et asynchrone s’avère déterminant pour réduire le sentiment d’isolement.
Le projet démontre la viabilité des dispositifs d’EAD en environnement contraint lorsqu’ils reposent sur un modèle socioconstructiviste structuré. Des recommandations sont formulées pour la pérennisation des compétences numériques enseignantes et la levée des freins organisationnels au Gabon.
Mots-clés : Enseignement hybride, Didactique des sciences et techniques industrielles, Apprentissage collaboratif, Ingénierie pédagogique, Enseignement technique (ENSET Gabon), Plateforme de formation en ligne
- Enseignant: Dr Joseph INDJENDJE
Face à l’explosion démographique de la population estudiantine, à la saturation des infrastructures universitaires et aux grèves récurrentes qui paralysent les campus publics au Gabon, l’intégration de l’usage du Numérique Éducatif anciennement désigné ; « Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE) » dans l’enseignement supérieur au Gabon apparaît comme une alternative stratégique incontournable. Toutefois, les initiatives gouvernementales et celles des partenariats internationaux se sont soldés par de fréquents échecs, faute d’une appropriation réelle par les acteurs et d’un ancrage organisationnel adapté.
Cet article vise à analyser les obstacles systémiques à l’adoption des TICE dans l’enseignement supérieur gabonais et à proposer un modèle d’intégration du Numérique Éducatif axé sur la création d’Unités d’Ingénierie Pédagogique (UIP). L’étude s’appuie sur une démarche mixte combinant un audit documentaire des politiques numériques nationales (PSGE, ANINF, ARCEP, etc.), une analyse critique des projets pilotes d’Environnement Informatique pour l’Apprentissage Humain (EIAH) et une enquête exploratoire auprès des responsables institutionnels et enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo.
Les résultats révèlent une sous-numérisation structurelle caractérisée par l’absence de Schéma Directeur Numérique, l’obsolescence des réseaux, une faible culture informatique administrative et l’importation de solutions technologiques non contextualisées. Malgré un taux de pénétration d’Internet mobile élevé, les usages du Numérique Éducatif à des fins pédagogiques normés demeurent embryonnaires. La discussion montre que le déploiement d’équipements est inefficace sans une structure intermédiaire capable de scénariser et de produire les contenus pédagogiques de fiables et de qualités.
L’institutionnalisation d’une Unités d’Ingénierie Pédagogique (UIP) au sein des universités gabonaises constitue un levier organisationnel indispensable pour transformer la contrainte démographique et politique en une opportunité d’hybridation pédagogique pérenne.
Mots clés : Numérique éducatif, Enseignement supérieur, Ingénierie pédagogique, Formation à distance, Massification estudiantine, Gabon.
- Enseignant: Dr Joseph INDJENDJE
Face à la hausse exponentielle des effectifs étudiants et aux crises structurelles qui paralysent l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne, l’intégration des Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE) avait été présentée comme une levier de transformation majeure. Au Gabon, malgré les discours institutionnels, les initiatives d’intégration et de l’usage du Numérique Éducatif demeurent fragmentaires et encore expérimentales.
Cet article vise à analyser les déterminants systémiques du faible ancrage du Numérique Éducatif dans les universités publiques gabonaises et à proposer un modèle opérationnel d’hybridation pédagogique adapté aux contraintes infrastructurelles locales.
L’étude repose sur un design mixte exploratoire mené à l’Université Omar Bongo (UOB). La démarche combine un audit de l’environnement numérique institutionnel, une analyse documentaire des politiques nationales et une série de 32 entretiens semi-directifs menés auprès d’enseignants-chercheurs, d’étudiants, d’administrateurs et d’experts en ingénierie informatique.
Les résultats révèlent un décalage critique entre le niveau d’équipement individuel des acteurs et la maturité numérique des institutions. L’absence d’environnement numérique de travail (ENT) pérenne, la faiblesse de la culture informatique chez les acteurs et l’inadaptation des cadres réglementaires constituent les principaux freins. L’étude démontre que l’hybridation ne peut réussir sans un modèle économique soutenable et une restructuration de la gouvernance académique.
L’article conclut à la nécessité d’abandonner les approches technicistes descendantes au profit d’une stratégie d’appropriation centrée sur l’humain. Des recommandations sont formulées à l’attention des décideurs pour accompagner la transition vers un enseignement hybride résilient au Gabon.
Mots clés : Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE), Numérique Éducatif, Enseignement supérieur, Massification des effectifs, Enseignement hybride et FOAD, Gouvernance universitaire, Appropriation technologique, Gabon.
- Enseignant: Dr Joseph INDJENDJE